Une Soirée avec Hubert Sacksteder

Il y a quelques mois, lors de l’expo de Serge Marmorat à Cluny, nous avons fait connaissance du photographe Hubert Sacksteder.

Nous ayant montré ses travaux, il s’ensuivit une invitation au club pour nous présenter son reportage sur la « ville-cimetière » du centre de Manille (Philippines).

Il s’agit de plusieurs familles qui vivent dans un cimetière de 57 ha. Après plusieurs voyages et avoir réussi à s’intégrer dans cette communauté ; c’est grâce au respect et humilité, qu’il a pu réaliser son projet. S’étant attaché uniquement à l’aspect humain et quotidien de ces gens, qui travaillent, s’amusent, s’occupent des enterrements, de la gestion des tombes, il a su éviter les côtés macabres ou voyeurs.

Ce cimetière est composé, suivant les finances des familles, de niches, d’appartements-alvéoles ( superposés sur 5 étages ),et de mausolées. Toutes sortes de métiers existent dans ce lieu aux décorations colorées : des maçons pour les structures, des sculpteurs ornementaux, fossoyeurs pour les inhumations et exhumations (effectuées suivant le remplissage des alvéoles), peintres, créateurs d’urnes à fleurs, très vieille dame fabricant des cierges, etc…

Les poulets, beaucoup de chiens, peu de chats, des chèvres se promènent … Nous avons vu au cours des images des gens gais, bienveillants, humains, courageux, malgré la précarité de leur vie. Ils restent là, car ils sont protégés des violences très meurtrières au-dehors dans la ville où les escadrons de la mort assassinent à tout-va les plus pauvres, avec l’aval du Président Duterte ?!!! Les familles se sont appropriées les mausolées avec l’accord des familles des défunts et y ont créé de véritables «maisons», leur chez-soi ! Pauvreté relative, maladies difficiles à soigner, sanitaires quasi-inexistants, sont les côtés plus sombres de cette communauté attachante et amicale. Hubert a mis en exergue la beauté, l’humanité et l’honorabilité de ces âmes vivantes.  Respect ……….

En 2ème partie Hubert, nous a passé les images de ceux qui n’ont plus rien sur les trottoirs de Manille . Il a choisi de les photographier pendant leur sommeil, enfin un peu apaisés, pour être discret, ne pas les soudoyer, ni les humilier, les respecter enfin.  Hubert nous a expliqué sa démarche et prévenu de la dureté de ses images, qui sont la réalité presque insoutenable. Ces situations sont inimaginables. Un sujet dur, mais créant une prise de conscience parmi nous tous. Silence …

Merci à ce grand Monsieur, humble et généreux.

Article proposé par Alain Rodrigue
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